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  • Désinformation en santé. Les fans de Didier Raoult, prix Nobel du harcèlement – Charlie Hebdo
    In extenso :

    « En dépit d'alertes et plaintes de plusieurs institutions, nombre de scientifiques sont encore ciblés par l'entourage de l'IHU de Didier Raoult. Pas de quoi attirer l'attention du gouvernement : sa nouvelle stratégie contre la désinformation en santé n'apporte pas de protection supplémentaire aux lanceurs d'alerte, et le temple de la chloroquine pourrait voir ses financements renouvelés.

    Il y a d’un côté, l’annonce. Le lancement, en janvier, d’une stratégie gouvernementale de lutte contre la désinformation en santé. Car cette dernière, « amplifiée par les réseaux sociaux, […] peut détourner des patients des soins, fragiliser la prévention et nourrir une défiance durable envers la science et les institutions sanitaires », dénonce en grande pompe le ministère de la Santé. Dont acte : voilà lancés un comité citoyen, un Observatoire de la désinformation en santé ainsi qu’un dispositif d’infovigilance. Et les bases d’un « socle de confiance propice à l’information en santé », s’il vous plaît.

    De l’autre côté, donc, il y a les faits. Pléthore de scientifiques et autres acteurs de la lutte contre la désinformation en santé subissent un harcèlement régulier. Et tout particulièrement ceux qui, dès le printemps 2020, ont alerté sur l’absence de bénéfice, voire la dangerosité, du traitement avec l’hydroxychloroquine. Pour autant, les multiples plaintes déposées par ces lanceurs d’alerte, chercheurs, et même par des institutions publiques, contre des membres de l’IHU marseillais ou proches de la sphère raoultiste, restent encore lettre morte – quand elles ne sont pas classées sans suite. Si bien que le Haut Conseil à l’évaluation de la recherche et de l’enseignement Supérieur (Hcéres) s’est à son tour saisi du sujet, portant en mai dernier les faits à la connaissance de la justice… Qui a refermé le dossier en moins d’un mois. « Il y a un sentiment d’impunité des désinformateurs, d’autant plus lorsqu’ils participent également au harcèlement de leurs détracteurs », regrette Alexander Samuel, enseignant, docteur en biologie moléculaire et engagé dans la lutte contre la désinformation.
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    Des scientifiques harcelés

    Parmi les scientifiques les plus visés, Mathieu Molimard, chef du service de pharmacologie au CHU de Bordeaux. « Je subis ce harcèlement sans cesse. France-Soir [un site propageant de nombreuses fausses informations et relayant régulièrement les prises de parole de Didier Raoult, ndlr] affirme que je suis payé par l’industrie pharmaceutique », souffle-t-il. Dans ses détracteurs, on compte l’IHU d’abord mais aussi les fans de Raoult comme France-Soir ou des internautes anonymes. « Lui et la science ça fait deux… par contre lui et le fric ça fait un », peut-on par exemple lire à l’encontre de Mathieu Molimard sur X (ex-Twitter) mi-avril. Des mails ont même été envoyés à son président d’université pour demander son interdiction d’exercer. Expérience similaire pour Dominique Costagliola, épidémiologiste ayant reçu le grand prix Inserm pour ses travaux contre la pandémie. « L »idi0te de service », publiait encore début avril un internaute sur X, en référence au masque qu’elle arbore sur sa photo de profil. Un autre : « Costagliola a un cerveau hyperventilé. » En 2021, elle avait été perquisitionnée par le Parquet national financier (PNF) dans le cadre d’une enquête pour trafic d’influence, initiée par l’association Bon Sens, dirigée par Xavier Azalbert, également à la tête de France-Soir. L’affaire avait été classée sans suite. La même année, elle a également déposé plainte contre Éric Chabrière, ancien bras droit de Didier Raoult à l’IHU et l’université d’Aix-Marseille, pour des menaces de mort en ligne. Mais « on est sans nouvelles depuis Mathusalem », souffle un proche de l’affaire. Ces deux scientifiques, accompagnés d’un troisième, Hervé Maisonneuve, médecin de santé publique et désormais référent externe à l’intégrité scientifique pour Santé Publique France, sont auteurs d’un rapport sur la désinformation en santé, rendu public en janvier, et qui a permis de poser les bases de la stratégie de lutte contre la désinformation lancée par le ministère. « Des proches de la raoultosphère ont déposé un référé pour tenter de le faire retirer », raconte Mathieu Molimard.
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    Ces chercheurs étant loin d’être les seuls concernés, la présidente du Hcéres, Coralie Chevallier, a alerté en mai 2025 la justice au titre de l’article 40 du code de procédure pénale, qui oblige tout fonctionnaire à faire part à la justice de tout crime ou délit dont il a connaissance. D’après nos informations, son alerte insiste sur les publications à caractère tantôt antisémite, tantôt misogyne, tantôt handiphobe visant des chercheurs. Mais celle-ci a été classée sans suite en quelques semaines. « On parle donc de la direction d’une autorité publique indépendante qui rapporte des faits particulièrement graves à la justice… et aucune suite n’est donnée », s’étonne un haut fonctionnaire. « On a l’impression de frapper à toutes les portes, et qu’aucune ne s’ouvre, qu’il n’y a aucun moyen de lutter », abonde Mathieu Molimard.
    Plaintes de barrages

    D’autres scientifiques sont aussi ciblés par la sphère gravitant autour de l’IHU marseillais. Parmi eux, Alexander Samuel, qui fait tout particulièrement l’objet de messages et publications injurieuses depuis 2020. « Une bonne droite ne serait pas de trop » écrivait sur X à son sujet en 2021 le fameux Xavier Azalbert. En 2021, 2022, 2023, l’enseignant a porté plainte ; aucune n’a encore débouché. Tout comme les plaintes d’un autre enseignant, Guillaume Limousin, qui subit les mêmes flots de messages injurieux et menaçants sur les réseaux sociaux. Lors d’une conférence de presse à Toulouse, ce 25 avril, tous deux ont dénoncé, de la part de la justice, des lenteurs, erreurs et blocages judiciaires, jusqu’à l’oubli de procédures ou de pièces entières, lors de leurs dépôts de plainte. Et estiment que celles du camp adverse seraient mieux considérées. « Il y a certaines plaintes déposées contre mes deux clients que je trouve surprenantes, je ne comprends pas que le Parquet leur impose des déplacements à Marseille pour répondre à des dénonciations fantaisistes », confie leur avocat, Maître Mokhtar Abdennouri.

    L’une, tout particulièrement, lui paraît « surréaliste ». Depuis plusieurs années, un compte anonyme oscille entre cyberharcèlement et appels au meurtre contre plusieurs acteurs de la lutte contre la désinformation. « Toi t’es un criminel » écrivait le compte en question à propos de Guillaume Limousin en 2021. Après y avoir été assigné, X International a dû fournir le numéro de téléphone associé au compte en question, qui n’est autre que celui… d’Éric Chabrière – l’ancien bras droit de Didier Raoult, donc. Ironie de l’affaire, le concerné dépose plainte en 2024 pour « collecte de données personnelles par moyen frauduleux » et « escroquerie au jugement », une infraction passible de cinq ans de prison, accusant les lanceurs d’alerte d’avoir trompé les juges pour obtenir les données du compte Twitter anonyme, mais aussi d’avoir eux-mêmes créé ledit compte anonyme. « De ce que je comprends, Eric Chabrière nous accuse d’avoir créé un compte avec son numéro et de nous être nous-mêmes insultés pour l’en accuser ensuite : c’est impossible et ça n’a aucun sens », siffle Guillaume Limousin. Reste que le parquet de Marseille a lancé une enquête préliminaire. « C’est évidemment une plainte de barrage, une procédure bâillon », avance Me Abdennouri.
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    De fait, l’objectif semble bien de faire taire les lanceurs d’alerte. En 2024, après plus de trois ans de procédures intentées par Didier Raoult contre Alexander Samuel, le gourou de la chloroquine s’est retiré quelques heures avant l’audience. Procédure annulée, mais des milliers d’euros de frais pour l’enseignant. « Ils portent plainte uniquement pour nous décrédibiliser et nous empêcher d’évoquer leurs travaux ! Forcément on s’épuise : j’en suis à plus de 20 000 euros de frais judiciaires », souffle Alexander Samuel. À l’inverse, plusieurs enquêtes de presse ont montré que Didier Raoult faisait notamment financer certaines de ses actions en justice par l’IHU – soit avec de l’argent public. Et ce jusqu’à près de 100 000€, d’après un rapport de l’Igas.

    Côté France-Soir et Bon Sens, le journal et l’association ont, eux, pu profiter de centaines de milliers d’euros de dons défiscalisés de façon douteuse, comme l’a notamment montré une enquête de L’Express en 2024.
    Un sentiment d’impunité

    Le rapport sur la désinformation paru en janvier dénonçait justement cette asymétrie entre « des médecins et scientifiques exposant des faits scientifiques poursuivis devant les instances disciplinaires ou judiciaires » et « ceux qui diffusent de la désinformation, rarement poursuivis ou sanctionnés ». Les auteurs recommandaient ainsi la « protection des lanceurs d’alerte et des sanctions effectives et systématiques contre les désinformateurs ». Point qui n’a pas été repris par le gouvernement. « Tout ce temps que les institutions, scientifiques et lanceurs d’alertes perdent en procédure judiciaire, en rapport et autres notes, c’est une avance que nous laissons aux désinformateurs », cingle Mathieu Molimard. « Ce qui se passe est catastrophique pour la parole scientifique », lance du même ton notre haut fonctionnaire anonyme.
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    Et dans ce feuilleton IHU, ce sont même des années qui ont été perdues. En 2022 déjà, après des enquêtes accablantes de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS), l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) avait saisi la procureure de la République de Marseille. D’après nos informations, l’organisme n’a pas de nouvelle « des multiples articles 40 déposés au procureur de Marseille pour un respect de la loi sur les essais cliniques avec l’hydroxychloroquine de l’IHU ». Les ministres de la Recherche et de la Santé avaient aussi saisi le procureur de Marseille : toujours pas de quoi inquiéter l’établissement de recherche de la cité phocéenne. En juin 2025, un rapport du Hcéres préconisait de « mettre un terme aux responsabilités de gouvernance scientifique de toute personne ayant participé à l’ancienne équipe de direction l’IHU », et de recruter les successeurs en externe. Autrement dit : pour tourner la page Raoult et chloroquine, l’IHU doit renouveler son conseil d’administration. Un mois plus tard, le conseil d’administration prenait note du rapport… sans annoncer de changement de direction. « Mais que fait l’État ? Va-t-on vraiment renouveler le financement d’un institut qui fait fi à ce point des recommandations d’une autorité publique ? Les ministres de la Santé et de la Recherche devraient se saisir de ce dossier », siffle notre haut fonctionnaire. Selon nos informations, le secrétariat général pour l’investissement (SGPI) pourrait prochainement renouveler ses subventions. Sollicités, ni les ministères de la Santé et de la Recherche, ni le SGPI, n’ont donné suite. Car le gouvernement a fait sa part : après tout, il a lancé un observatoire de la désinformation en santé.»
    Fri 01 May 2026 06:39:22 PM CEST - permalink -
    - https://charliehebdo.fr/2026/04/sciences/sante/desinformation-en-sante-les-fans-de-didier-raoult-prix-nobel-du-harcelement/
    Charlie COVID-19
  • Seulement un quart des vaccins contre le Covid-19 a été utilisé en Suisse - rts.ch - Suisse
    Dans le contexte de l'épidémie de Covid-19, seul un quart des doses de vaccin contre le virus a été utilisé. Le reste des stocks a fini à la poubelle. Seule une partie des doses restantes a pu être envoyé à l'étranger au titre de l'aide humanitaire.
    Sun 06 Apr 2025 10:38:29 AM CEST - permalink -
    - https://www.rts.ch/info/suisse/2025/article/gaspillage-massif-75-des-vaccins-covid-suisses-jetes-ou-donnes-28846181.html
    COVID-19 Vaccin
  • Didier Raoult : "Il y a plus de chances de mourir d'autres virus que du coronavirus"
    Le con…
    Thu 29 Feb 2024 12:04:38 PM CET - permalink -
    - https://web.archive.org/web/20200314140243/https://www.corsematin.com/articles/didier-raoult-il-y-a-plus-de-chances-de-mourir-dautres-virus-que-du-coronavirus-99096
    COVID-19
  • La réanimation pour les nuls – Libération
    https://archive.ph/2JugH

    J’ai travaillé en réanimation entre 1982 et 1986, dans une autre vie, et certaines nuits dans mes cauchemars je m’y retrouve posté en garde, parfaitement conscient que je n’ai rien à y faire et que dans le rêve, j’y suis un danger ambulant, tant les techniques et les protocoles ont changé et se sont affinés.

    La réanimation, c'est ceux qui n'y foutent jamais les pieds qui en parlent le mieux. C'est Martine Wonner, députée anti-masques devenue célèbre grâce à sa mangeoire en plastique, qui révèle à l'Assemblée nationale qu'on remplit aujourd'hui les réanimations de force en y accueillant des patients qui n'ont besoin que de 2 ou 3 litres d'oxygène. «Pour quelqu'un comme moi qui ai fait bon nombre d'années en réanimation, je peux vous dire qu'on n'a jamais mis ce type de patients en réanimation.» Interrogée plus avant, cette psychiatre expliquera qu'elle a travaillé en 1989 et 1990 en réa (soit probablement deux stages d'internat, il y a trente ans). Comme le dit un de mes amis sur Twitter : «Moi j'étais en classe de mer en 1992, je dis pas à Loïck Peyron comment faire la route du Rhum.»

    C'est Didier Raoult, l'autre jour sur CNews, qui après avoir longtemps affirmé que l'épidémie était terminée, explique à Laurence Ferrari sans lever le nez de ses notes qu'il n'y a pas réellement de problème de lits de réanimation : il suffit de faire sauter certaines dispositions légales comme le repos compensatoire des personnels d'anesthésie et de réanimation. Car après tout, qui a besoin de dormir après une garde Covid de vingt-quatre heures ? J'ai pensé à Jean-Martin Charcot, glacial père de la neurologie, qui disait à ses internes: «Si vous avez besoin de plus de cinq heures de sommeil, choisissez un autre métier.» Mais on était en 1885, et si Charcot était narcissique, c'était un génie narcissique, pas un microbiologiste affabulateur éventé.

    C'est Christian Perronne, interviewé par André Bercoff sur Sud Radio au sujet du best-seller qu'il a signé, qui affirme qu'il n'y a pas de deuxième vague : «Même dans les services de réanimation, je vois bien des malades moins sévères qu'avant, ils les prennent beaucoup plus tôt et les gardent longtemps, parce que pour un service de réanimation, avoir un malade au Covid, c'est le jackpot, il a plus d'infirmières et plus de moyens. Cette saturation des services de réanimation, c'est un petit peu une invention.» Je me demande d'ailleurs ce qu'en pense le professeur Djillali Annane, réanimateur à l'hôpital Raymond-Poincaré, doyen de la faculté, dont le service surplombe celui de Christian Perronne. Les conversations autour d'un café ou d'une eau ferrugineuse doivent y être passionnantes.

    Retrouvez aussitous les épisodes du «Journal d'épidémie»

    La réanimation, c'est ceux qui n'y foutent jamais les pieds qui en parlent le plus. Tous les paucineuronaux ayant passablement vomi sur les réanimateurs, accusés tour à tour de ne pas suivre le protocole du gourou phocéen, de refuser des malades ou de les euthanasier, j'ai choisi d'ouvrir ces colonnes à l'un d'entre eux pour qu'il confesse ses péchés. Damien Barraud a 45 ans, il est réanimateur à l'hôpital de Metz-Thionville, où il a survécu aux deux premières vagues : le Covid, et les Covidiots.

    «J’ai absolument détesté le Covid. Et je la déteste encore. Pas tant pour ce qu’elle a fait aux malades. C’est une maladie parfois grave, pas la pire. C’est un virus, ça ne réfléchit pas un virus, c’est con comme la Lune. Mais je la déteste pour ce qu’elle a fait aux humains, aux soignants. A la médecine, à la science qui me sont chères. Ce qui devait être une formidable opportunité pour nous tous a tourné en bérézina, ici et aux quatre coins du monde. Rien que d’y repenser me donne la nausée. Mais il faut raconter. C’est important. Parce que le virus rôde toujours et attaque de nouveau, et qu’à l’évidence, beaucoup n’ont pas mesuré ce qui s’était joué dans les réanimations de Paris et du Grand-Est. Cela leur permettra peut-être de ne pas sous-estimer, voire de nier sans la moindre décence les risques actuels.

    «Rembobiner la cassette d'une période extraordinaire. Que dois-je raconter ? La réanimation en période Covid ? Mais le public connaît déjà si mal la réanimation en général. MA réanimation en période Covid ? Comment elle s'est déroulée, comment je la conçois, celle que l'on m'a apprise et que j'essaie de transmettre à mon tour. Après tout c'est moi le héros en blouse blanche d'un jour de Libé, je fais ce que je veux, non ? Non. Comme pour John Carter face à M. et Mme Rubadoux dans Urgences, "It is not about me". Il s'agit des patients, des soignants, d'une médecine et d'une recherche nobles et éthiques.

    «Nous autres soignants des réanimations avons vécu l’histoire. J’imagine que lorsque l’on vit l’histoire en direct, on ne doit pas forcément s’en rendre compte, dans la chaleur du moment et concentré à sa tâche. Cela vient après, à l’heure de se poser et de se retourner. On a vécu un pan d’histoire. Je crois pouvoir dire sans me tromper qu’aucun soignant de réanimation ne veut revivre ce à quoi il a été confronté en mars-avril. Je suis un réanimateur "entre deux âges". En une vingtaine d’années de métier et 2 000 gardes au compteur, j’ai vu à peu près tout ce qui peut se voir dans une réanimation lourde dans un hôpital français. Je n’ai pas peur. Sûr de mes forces, lucide sur mes limites, je sais faire les gestes, j’ai vécu au moins une fois toutes les situations possibles. Eh bien je n’avais jamais vu cela. Jamais. Ce que nous avons vécu au printemps dans le Grand-Est et en Ile-de-France n’était pas une vague. C’était un tsunami de 30 mètres de haut qui emporte tout. On était prêts pourtant. On le croyait. On en avait, des plans. Pleins, à activer au fur et à mesure. Et puis on nous avait déjà fait le coup avec le Sras, le Mers, la grippe aviaire… Les images d’Italie ? C’est là qu’on s’est dit que ça commençait à sentir très mauvais. Les supporteurs de foot se moquent des Italiens. Les réanimateurs, eux, savent que la Lombardie est riche. Qu’elle est surtout riche des plus grands spécialistes du monde dans cette maladie qui n’en est pas une, le Syndrôme de détresse respiratoire aiguë (SDRA). A Milan, on sait oxygéner et ventiler. Alors si c’est la catastrophe là-bas, il devient assez clair qu’on va prendre la foudre. On se prépare. Sérieusement. Mais sans y croire réellement. Sans imaginer que chacun des plans mis au point sera dépassé en trois jours.

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    «Début mars, on attend. Une attente mêlant du stress positif, de la concentration, l’envie d’en découdre, comme avant un match. Les Thermopyles. Et puis un matin, ça a commencé. Un malade contact du rassemblement de Mulhouse. Et puis un deuxième. Puis un troisième. Et là nous sommes tous pris dans la lessiveuse. On ne pense plus. On fait. Mécaniquement. Non-stop pendant deux mois. Je suis de l’ancienne école. Le matin en arrivant, je ne consulte jamais le dossier informatisé des malades dans mon bureau, comme le font les jeunes. J’ai besoin de voir les malades en vrai, de "sentir", de penser aux objectifs de soin de la journée, de donner les premières consignes. Une sorte de rituel, souvent joyeux, où l’on dit bonjour aux équipes, où l’on plaisante un peu, avant le deuxième rituel du staff : le café. Et bien pendant deux mois, cette ambiance matinale était remplacée par un silence pesant, une ambiance de tranchées, un bunker. C’est la guerre. Les couloirs des secteurs sont vides. Les soignants sont dans les chambres, pour les toilettes, dans un habit de cosmonaute, véritable étuve fastidieuse à enfiler, désagréable à porter, et, on le sait maintenant, un peu excessive. Il ne fallait pas tomber malade. Pour les patients. Pour soi. Pour ne pas contaminer sa famille, que certains, comme moi, ont tenue à distance. Pour pouvoir continuer à travailler. Pas un bruit. Les portes et les sas des chambres sont fermés. Les malades sont en majorité intubés, et souvent sur le ventre. Seuls les plus graves des plus graves sont là. Les moins graves, on ne les voit pas. Ils sont en secteur, sous des débits déraisonnables d’oxygène. En réa, ceux qui vont un peu mieux après quelques jours, qui redonnent le moral aux troupes, sont… transférés. Dans ces évacuations sanitaires que des malotrus galonnés ont qualifiées de spectacle. Pour faire de la place à de nouveaux arrivants. Ne restent que les plus graves des plus graves. Ceux qui vont avoir des séjours longs, et pour beaucoup, mourir.

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    «Cette spécialité est trop riche pour être racontée en peu de mots. Que dire ? Peut-être parler de certains aspects que nombreux ont découverts à cette occasion ? Logiquement, on commence par admettre le patient en réanimation. On nous a accusés de "trier". C'est le mot en vigueur, de "triage" in English. On vient en réanimation quand on a un ou plusieurs organes qui défaillent, et qu'il faut suppléer, le temps que le traitement fasse son œuvre. Et on vient en réanimation pour survivre. Pas pour mourir. La finalité de la réanimation est de rendre au patient, sur le long terme, une vie que lui juge digne d'être vécue. Et la réanimation est un marathon olympique. C'est une rude épreuve, dont on sort déplumé, rincé, essoré, et il ne faut pas l'infliger de manière indue à quelqu'un qui n'a à l'évidence pas les réserves pour l'affronter. Il ne faut pas réanimer à tout prix et coûte que coûte. Il faut trier. Trier n'est pas décider qui va vivre ou mourir. C'est un acte d'humanité, et certainement une des choses les plus difficiles à maîtriser du métier. C'est vrai en temps de paix, tous les jours, avec pour seul horizon le malade. Ça l'est d'autant plus en temps de guerre, avec le spectre du manque de moyens. En médecine de catastrophe, on alloue les moyens aux patients qui ont le plus de chance de survivre. Cette justice distributive ne me perturbe pas non plus. Je ne suis pas responsable des moyens qui sont mis à ma disposition. Je suis juste responsable de leur utilisation optimale. Manquons-nous de lits de réanimation en France ? Je ne pense pas. Cela n'a pas de sens de juger de l'adéquation entre offre et besoin à l'occasion d'une catastrophe centenaire. Cela n'a pas de sens de se comparer au voisin allemand, dont la pléthore de lits ne sert à rien. Cela n'a pas de sens de dire que cet hypothétique manque de lits de réanimation est la cause de tous les maux, dont de prétendues privations de liberté. Il faut des lits activables en cas de besoin. Et surtout du personnel formé. Cela ne se fait pas en six mois, quoi qu'en pensent les populistes, les physiologistes du sport, ou les ânes, entités parfois difficiles à distinguer.

    «Il y a eu plusieurs pandémies en une. Le virus, bien sûr, mais également une épidémie bien française d’ultracrépidarianisme – l’art de parler de ce qu’on ne connaît pas. Après avoir subi des millions d’épidémiologistes et de virologues, nous avons vu apparaître des millions de réanimateurs. On nous a accusés d’avoir fait des conneries, d’avoir intubé très tôt, trop tôt. Que la mortalité observée était liée à nos traitements. Oui, c’est vrai en partie. Cent pour cent de ce que l’on fait dans une réanimation a des effets indésirables. Nous ne sommes pas homéopathes. L’intubation, la ventilation mécanique, la sédation, l’adrénaline, la dialyse rénale, tout cela a des effets indésirables. Ce n’est pas grave. Ce n’est pas grave si le rapport bénéfice-risque a été bien pesé. On accepte ces effets adverses. Et on les minimise, en appliquant cette technique dans les règles de l’art. Pour cela il faut du bon matériel, un peu, et de bons professionnels, beaucoup. Si vous appliquez ces techniques dans des endroits non prévus pour cela, avec du matériel non prévu pour cela, et des personnels non formés… malgré leur admirable dévouement, que croyez-vous qu’il va advenir ?

    «Oui ; il y a eu beaucoup de morts. Selon les endroits et la gravité des patients, 30 voire 40% de décès. 25 à 30%, c'est la mortalité du SDRA sévère. 40% ça doit être ce qu'il arrive quand on réanime des malades graves dans des conditions suboptimales. La mort ne me perturbe pas. Quand on est malade, c'est parfois grave, et quand c'est grave, parfois on meurt. C'est un processus naturel que l'on essaie de freiner, perturber, retarder. On ne peut guérir tout le monde. Nous sommes des soignants, pas le Petit Jésus ou tout autre druide barbichu. S'en rendre compte est vital. Pour ne pas disjoncter. On tente de guérir le malade. Et quand on ne peut pas, il faut savoir s'arrêter, jeter l'éponge de soins devenus futiles, ne pas sombrer dans l'acharnement, et accompagner la fin de vie. A good life, and a good death. Bien accompagner un patient et ses proches, assurer une bonne fin de vie est aussi important qu'aboutir à la guérison. La mort ne me perturbe pas, sauf si un des maillons de la chaîne de la guérison ou de la fin de vie a dysfonctionné. Là, la mort devient inacceptable et une souffrance. La mort par Covid n'est pas une belle mort. Pour plein de raisons. Certes, les malades n'ont pas souffert. On a accompagné la fin de vie comme il se doit, dignement, comme à l'accoutumée, dans le respect de la loi Leonetti-Claeys. Nous n'avons pas eu besoin de recourir au Rivotril pour cela, n'en déplaise à ceux qui nous ont accusé d'euthanasie. On n'y a pas eu recours car on n'a jamais manqué de rien, même si ce fut juste. Je ne sais toujours pas comment nos pharmaciens ont réussi cet exploit. Mais il y a ces corps, enfermés immédiatement dans des sacs étanches, sans toilette mortuaire, et envoyés sans délai au funérarium. Et le plus pesant probablement, il y a cette absence des familles, interdites de visite, au moins au début, et dont le deuil a dû être catastrophique. Les familles sont souvent le seul élément raccrochant à la vie. On les voit, on leur parle tous les jours. Là elles étaient absentes. Et cette rencontre singulière ne peut pas être remplacée par un coup de téléphone, auquel nous n'avions de toute façon pas le temps de répondre. Il n'y a plus beaucoup de vie dans une réanimation Covid. Cela a laissé des traces, des blessures psychologiques. Et aucun soignant de réanimation ne veut revivre cela.

    «Bien sûr, à côté de cela, les accusations de "faire du chiffre", par un vieux professeur n'ayant plus toutes ses facultés, sont dérisoires. Il paraîtrait que l'on code "Covid-19" de manière excessive et que l'on garde trop les patients. Pour gagner de l'argent, un magot caché probablement. Et pour participer à un mensonge d'état. Pour priver les gens de liberté. Non bien sûr. Sauf dans les cerveaux tordus, on code ce que l'on fait, quand on le fait. Ni plus ni moins. Parce que le patient est une fin en soi. Point.

    «Les crises passent les humains au révélateur. Et il y a eu du beau et du bon dans tout ce marasme. L’hôpital public (et le système de santé en général), dont la souffrance n’aura échappé à personne, a su rassembler ses forces, se lever, faire front. Nous avons vu des soignants de tous horizons épuisés, marqués physiquement par ces masques qui serrent trop, et la fatigue. Sans jamais reculer, soupirer, souffler, renoncer. Les biologistes. Les radiologues. Les ouvriers qui ont monté des cloisons à la vitesse de l’éclair. Les informaticiens, qui ont permis aux malades éveillés de communiquer par tablette avec leurs proches. Les administratifs. Tout le monde a apporté sa pierre et magnifiquement œuvré. Il y a eu de vrais héros. Mais pour moi tout cela n’atténuera pas le désastre ambiant. La médecine et la recherche éthiques et propres sont mortes et enterrées à l’occasion de cette crise sans précédent. Sur l’autel de la mégalomanie de quelques gourous à la tête de sectes mafieuses, dont la médiocrité scientifique n’a d’égal que la malhonnêteté intellectuelle. Les fleurs ont été déposées par les légions d’imbéciles des réseaux sociaux, parfois en service commandé. Les couronnes ont été déposées par des pantins de plateaux télé de chaînes d’info en continu irresponsables. Vol au-dessus d’un nid d’irresponsables. La malscience, comme toutes les fake news, tue. La malscience et les fake news précipitent les plus fragiles vers un abîme de détresse psychologique et la vague psychiatrique. La malscience et les fake news sont les mères de tous les relativismes, de tous les complotismes, de la perte de confiance dans les médecins et les chercheurs, au pire moment possible. Et cela, il faudra des années pour s’en remettre. Cette pandémie s’arrêtera un jour. Ça n’est ni la première ni la dernière. Elle s’éteindra dans un déluge de morts, médicaux et économiques, et comme d’habitude, les plus fragiles auront payé le plus lourd tribut. Il faudra alors sévèrement débriefer. Punir ceux qui doivent l’être, les escrocs, les renégats, quels que soient leur grade et leur fonction. Reconstruire pour que ces décès de patients, et ces sacrifices de soignants n’aient pas été inutiles. Je déteste le Covid.»
    Fri 19 Jan 2024 07:46:45 PM CET - permalink -
    - https://www.liberation.fr/france/2020/10/21/la-reanimation-pour-les-nuls_1802936/
    COVID-19 Médecine
  • VIDEO - Hervé Seitz, biologiste moléculaire et chercheur au CNRS à Montpellier - France Bleu
    Implacable
    Raoult est un fraudeur criminel
    https://twitter.com/LockedFab/status/1744338808642945065
    Mon 08 Jan 2024 04:36:57 PM CET - permalink -
    - https://www.francebleu.fr/emissions/l-invite-du-8-9/video-herve-seitz-biologiste-moleculaire-et-chercheur-au-cnrs-a-montpellier-1299910
    COVID-19 FakeMed Fraude
  • Le Doc sur X :
    "Covid-19 : huit contaminations sur dix résultent d’une exposition de plus d’une heure à une personne infectée Dommage que l'article soit derrière un paywal, mais c'est Noel. Avec du @MahmoudZureik dedans 👇 https://t.co/Wv22tCgiUB La source 👇 https://t.co/vjq9njtUmN https://t.co/oxMoUE0EyX"; / X
    Fri 29 Dec 2023 04:01:19 PM CET - permalink -
    - https://twitter.com/DrFranckClarot/status/1740072115167232036
    COVID-19
  • Patrick Cohen : "Nous sommes vaccinés contre un Didier Raoult, mais il faut des rappels" - L'Express
    http://web.archive.org/web/20230901191127/https://www.lexpress.fr/sciences-sante/patrick-cohen-nous-sommes-vaccines-contre-un-didier-raoult-mais-il-faut-des-rappels-BNO7TVHJVVAVFJMPNARVDOUPIE/
    Sat 02 Sep 2023 04:23:22 AM CEST - permalink -
    - https://www.lexpress.fr/sciences-sante/patrick-cohen-nous-sommes-vaccines-contre-un-didier-raoult-mais-il-faut-des-rappels-BNO7TVHJVVAVFJMPNARVDOUPIE/
    COVID-19
  • Propos polémiques sur le Covid-19, invités antivax : le Conseil d'Etat désavoue Cnews | Actu Hauts-de-Seine
    « La longue présentation faite de l’invité, comme « un grand spécialiste des vaccins que l’on n’entend plus » en rupture avec l’opinion dominante (…), n’a pu que l’encourager à développer (…) des thèses très controversées et non conformes aux données acquises de la science, dans un contexte de pandémie qui appelait pourtant une vigilance particulière », juge-t-il.
    Wed 30 Aug 2023 07:14:30 AM CEST - permalink -
    - https://actu.fr/ile-de-france/issy-les-moulineaux_92040/propos-polemiques-sur-le-covid-19-invites-antivax-le-conseil-d-etat-desavoue-cnews_60012073.html
    Charlatanisme COVID-19 Escroquerie FakeMed Vaccin
  • @JacquesCaplat@eldritch.cafe sur X :
    "Covid : solidarité, humanité, responsabilité Un thread 🧵 Lors de mes conférences et réunions, la plupart des participant·e·s s'étonnent de me voir porter un masque. J'en suis extrêmement déçu et préoccupé, venant de militant·e·s paysan·ne·s et écolo. Explications cruciales 🔽🔽 https://t.co/fDdM5yJCGH"; / X
    Tue 29 Aug 2023 05:02:15 AM CEST - permalink -
    - https://twitter.com/nourrirlemonde/status/1696080159911100741
    COVID-19
  • Florian Lemaitre sur X : "Les vaccins contre le SARS-CoV-2 sont expérimentaux : la preuve les résultats ne seront connus qu'en 2023".
    "Vous lisez souvent l'argument : "Les vaccins contre le SARS-CoV-2 sont expérimentaux : la preuve les résultats ne seront connus qu'en 2023". 🧐 D'où vient cette drôle d'assertion (pas drôle dans le sens marrant, hein! Drôle dans le sens curieux et un peu triste). De là 👇 1/4" / X
    Sat 26 Aug 2023 12:46:55 PM CEST - permalink -
    - https://twitter.com/FlorianLemaitr5/status/1401864920946331652
    COVID-19 Vaccin
  • Hépatites pédiatriques indéterminées en 2022 : la clef du mystère ?
    Vous vous souvenez des mystérieuses hépatites pédiatriques de 2022 ? Celles causées par les vaaaaxxxxins ? Eh beh non. 🤣
    Source https://twitter.com/StephaneKM/status/1666854890411261952
    Fri 09 Jun 2023 06:12:02 AM CEST - permalink -
    - https://www.vidal.fr/actualites/30177-hepatites-pediatriques-indeterminees-en-2022-la-clef-du-mystere.html?cid=eml_002471
    COVID-19
  • (1) Christian Lehmann sur Twitter : "Au cas où certains n'aient pas saisi à propos de l'hydroxychloroquine et de Didier Raoult. J'aurais aimé qu'un génie brillant à la Jeff Goldblum dans Jurassic Park découvre LE médicament miracle https://t.co/Vl02kB123M" / Twitter
    Rappel de l'histoire  : Ce thread date de 2020 et alerte sur l’infâme raoult et ses méthodes
    Thu 01 Jun 2023 05:35:27 AM CEST - permalink -
    - https://twitter.com/LehmannDrC/status/1249682868982493184
    COVID-19
  • Pandémie. Un documentaire au cœur de l’hôpital malmené par la crise du Covid
    Etats de Choc : Primum Non Nocere
    https://archive.ph/twJZ7
    https://www.youtube.com/watch?v=Q1200WOlZi4
    Tue 23 May 2023 05:01:15 AM CEST - permalink -
    - https://www.ouest-france.fr/sante/virus/coronavirus/pandemie-un-documentaire-au-cur-de-lhopital-malmene-par-la-crise-du-covid-013d1578-e523-11ed-9757-e35473d4e313
    COVID-19
  • Magali Carcopino-Tusoli : "Mon père Didier Raoult se rêvait prix Nobel, il est devenu leader des complotistes" - L'Express
    Voilà près de dix ans que Didier Raoult ne parle plus à sa fille, Magali Carcopino-Tusoli. En cause, une dispute familiale lors de laquelle elle a osé s’opposer à lui, et lui dire non. Un mot que l’ex-directeur de l’IHU Méditerranée infection (IHUm) souffre peu. Elle n’a jamais cédé. Lui l’a bannie de la famille. Depuis, elle l’appelle "professeur Raoult". Elle ne porte plus son nom, mais celui de son mari, Xavier Carcopino-Tusoli.

    L’affaire aurait pu rester privée. Elle a pris une autre tournure lors de la crise du Covid-19, quand Magali Carcopino-Tusoli, spécialiste en médecine vasculaire à l’hôpital Sainte-Marguerite (AP-HM), critique les études de l’IHUm sur l’hydroxychloroquine, le traitement promu par son père. Si ce dernier ne lui répond pas directement, Eric Chabrière, son fidèle bras droit chargé de la défense de l’IHUm sur les réseaux sociaux, s’en charge. Sur Twitter, il interpelle avec véhémence tous les critiques de l’hydroxychloroquine, sans exception, pas même pour la fille de son patron. Face à la violence des attaques, Magali Carcopino-Tusoli et son mari portent plainte pour diffamation et injures publiques. Ils accusent Eric Chabrière d’être derrière le compte Twitter "Le professionnel", l’un des plus orduriers et menaçants.

    Au terme d’un intense procès qui s’est terminé le 5 mai, le tribunal correctionnel de Marseille a prononcé la relaxe. Là encore, pas question de céder. Dans un long entretien accordé à L’Express, Magali Carcopino-Tusoli indique faire appel de la décision. Elle explique, aussi, pourquoi elle ne renoncera jamais à son combat contre le harcèlement et les mensonges, ni à celui en faveur de la rigueur scientifique, malgré le prix à payer.

    L’Express : Comment avez-vous accueilli le verdict ?

    Magali Carcopino-Tusoli : La stratégie de notre plainte consistait à démontrer que M. Chabrière ne se contentait pas de repartager, avec son compte Twitter personnel, les messages insultants du "Professionnel", mais qu’il en était aussi l’auteur. Nous avons apporté la preuve, fournie par Twitter, que le numéro de téléphone associé à ce compte est le même que celui de M. Chabrière. Son avocat a argué que ce numéro est public et que n’importe qui pouvait l’utiliser. La juge a estimé qu’un doute persistait et qu’il devait bénéficier à l’accusé, d’où la relaxe.

    Lorsqu’un numéro est associé à un compte Twitter, ne faut-il pas posséder le téléphone pour accéder au compte ? L’utilisateur du compte Le Professionnel n’avait-il pas forcément accès au téléphone de M. Chabrière ?

    Effectivement. Et nous avons aussi montré que le compte personnel de M. Chabrière et celui du Professionnel avaient la même adresse Internet. On peut, encore, rappeler qu’il a retweeté tous les tweets insultants et diffamants du Professionnel. La question que la juge s’est posée, et qui répondait à notre plainte, était : "Est-il sûr à 100 % qu’Eric Chabrière est derrière ce compte ?". Sa réponse a été négative. Je pense qu’une condamnation aurait constitué un message fort à destination de ceux qui subissent du cyberharcèlement. Même si ce verdict est dur, il s’agit d’une décision de la justice. Il faut la respecter. Et puis ce jugement ne nous donne pas tort sur le fond du harcèlement. Il indique que nous n’avons pas apporté les preuves suffisantes. Nous prenons donc la décision, avec notre avocat, de faire appel.

    Pourquoi avoir dénoncé les études de votre père et de l’IHUm et pris part au débat explosif autour de l’hydroxychloroquine ?

    Au début, quand j’ai regardé sa présentation YouTube "Covid-19, fin de partie" (publiée en février 2020), j’ai cru au potentiel de l’hydroxychloroquine. Mais lorsque j’ai lu la première étude de l’IHUm, j’ai vu que ces travaux ne prouvaient absolument rien. J’en ai parlé à des collègues et des proches. On m’a rétorqué que mon analyse était influencée par ma relation avec le Pr. Raoult. J’étais un peu seule à Marseille, alors que des scientifiques, chercheurs et spécialistes du sujet formulaient aussi des critiques.

    Ma position m’a valu les attaques d’un "microcosme Twitter" pro-hydroxychloroquine, composé de nombreux anonymes n’ayant bien souvent aucune compétence scientifique, qui ne comprennent rien à ces études et sont persuadés que les critiques sont le fruit de lobbies ou de complots. Eric Chabrière en était un membre particulièrement actif. Les attaques étaient virulentes, mais j’ai décidé de ne pas me taire, de dénoncer ce harcèlement. Aujourd’hui, on sait que ce traitement ne fonctionne pas. Nous avons tous été déçus que ce ne soit pas le cas, mais c’est comme ça.

    Que répondez-vous à ceux qui vous accusent d’avoir critiqué l’IHUm par opposition envers votre père, voire par détestation ?

    Je crois que beaucoup de gens ne savent pas qu’il est possible de pas avoir un raisonnement uniquement binaire - aimer ou détester - et qu’on peut réfléchir et critiquer autrement qu’avec des biais haineux. Non, je ne déteste pas le Pr. Raoult. Cela fait plus de dix ans que nous ne nous parlons plus et, aujourd’hui, j’ai de la peine pour lui. Il se rêvait prix Nobel, il est devenu le leader des complotistes et des antivax.

    Pour quelle raison ?

    Il n’a jamais supporté la contradiction. Il est impossible de survivre avec lui si on n’est pas d’accord sur tout. Ce comportement l’a poussé à s’isoler, à se couper de toute critique et à s’enfermer à l’intérieur d’une sphère d’adoration. Il est entré dans un cercle vicieux et supporte uniquement les personnes qui se prosternent devant lui. Ma vie d’avant appartenait à ma famille, jusqu’à ce que je décide qu’elle m’appartenait. J’ai eu la chance de pouvoir m’éloigner de lui, notamment grâce à mon mari, ce qui m’a permis de comprendre que les demandes et exigences de ma famille étaient déraisonnables. Sa réponse a été de me dire : "Je ne veux plus jamais te voir". Bien sûr, ça a été violent. Mais je ne le regrette pas. Ce n’est pas possible de vivre avec des gens qui ont à ce point ce désir de posséder les autres.

    Dans son dernier ouvrage, Autobiographie (ed. Michel Lafon) votre père n’a pas un mot pour vous. Il félicite en revanche M. Chabrière et tous ceux qui ont pris sa défense sur Internet. Il les compare aux résistants de la Seconde Guerre mondiale.

    Son livre, que j’ai lu, révèle ses frustrations et ses mensonges. Il distribue les bons et mauvais points à ses collaborateurs, souligne leurs échecs, leur rappelle qu’ils lui doivent tout. C’est très pervers. Il y a aussi tous ces passages sur la "mythologie familiale" dans laquelle j’ai grandi, mais que j’ai eu l’occasion de déconstruire. Lui continue d’inventer toute une partie de sa vie. Quant au fait qu’il revendique le passé résistant de notre famille et qu’il prête ces valeurs aux harceleurs, cela m’a choqué. Je me suis dit "tu n’as pas dû bien écouter papy". Et puis il met totalement de côté le rôle de ma grand-mère. Il raconte même sa vie privée et sexuelle. Écrire ça, alors qu’il m’a toujours dit "fais honneur à ton père et ta mère", ça m’a mise en colère.
    Ces combats contre l’IHUm, en faveur des vaccins et de la méthode scientifique vous ont rapporté davantage de coups qu’autre chose. Qu’est-ce qui vous motive ?

    Mon histoire familiale a aussi de bons côtés. J’ai passé beaucoup de temps avec ma grand-mère. Ses histoires et ses valeurs résistantes m’ont énormément inspiré. Elle m’a transmis cette volonté de ne jamais se laisser faire, de dire les choses même si on prend des coups. Je l’ai fait avec ma famille, dans ma carrière professionnelle et pour défendre la science. Et puis mon travail au Centre hospitalier universitaire (CHU) implique aussi une mission de service public - que je prends très au sérieux - qui consiste notamment à ne pas laisser passer les fake news médicales, à ne pas tolérer que des personnes exerçant des responsabilités dans des structures de soins disent des énormités.

    Bien sûr, le procès contre M. Chabrière était éprouvant. Il m’a néanmoins permis de dire ce que j’avais à dire : de dénoncer la haine sur les réseaux sociaux et souligner les dégâts qu’elle provoque, rappeler qu’il faut remettre la science au centre de ces débats, que l’hydroxychloroquine ne fonctionne pas contre le Covid-19, que les études de l’IHUm sont mauvaises, que le vaccin est utile. Je ne regrette pas ce combat, je sais que ma démarche était nécessaire et j’espère que cela poussera d’autres personnes à prendre la parole. Le message que je veux faire passer, ce n’est pas celui de "la fille de Raoult", mais du médecin qui ne doit pas tolérer les mensonges, les diffamations et les insultes.

    Peu d’instances universitaires et scientifiques ont eu le courage de dénoncer publiquement les dérives de leurs membres. Ne vous êtes-vous pas sentie isolée ?

    Je regrette que l’université de Marseille n’ait pas pris position. Il aurait été souhaitable qu’elle publie ne serait-ce qu’un communiqué nominatif signifiant à Didier Raoult ou Éric Chabrière qu’on ne répond pas aux critiques scientifiques par l’invective, que le harcèlement n’est pas toléré, ni les propos antivaccins. Rappeler que l’université est un lieu où on apprend la bonne science et la bonne médecine aurait pu rassurer le grand public et les étudiants. Malheureusement, la faculté n’a même pas pris le temps de rédiger un tweet.

    Je rappelle aussi que les personnels des CHU sont tenus de suivre les directives du ministère de la Santé [M. Chabrière est biochimiste à l’hôpital de la Timone, doté du statut CHU, NDLR]. On peut ne pas être d’accord et les critiquer, mais nous y sommes tenus. Or les rappels aux membres délibérément antivax ou qui appliquent des traitements non reconnus ne sont pas faits.

    De nombreux chercheurs ou professeurs antivax ou complotistes qui utilisent leur institution afin de légitimer leurs propos se trouvent encore en poste aujourd’hui. Cela vous choque-t-il ?

    Cette situation donne une image désastreuse de l’université marseillaise et je le regrette profondément, car c’est là que j’ai fait mes études. N’oublions pas que M. Chabrière partage des messages appelant à la torture de ses contradicteurs sur les réseaux sociaux. Peut-être que cela va changer maintenant que le président de l’université, Eric Berton, est "tombé de sa chaise" [à la lecture de la dernière étude publiée par Didier Raoult, en mars dernier, comme l’a rapporté le journal La Provence, NDLR] ?

    Pensez-vous que le nouveau directeur de l’IHUm, Pierre-Édouard Fournier, va pouvoir mettre un terme aux graves dérives de l’institut dénoncées par les rapports au vitriol de l’ANSM et l’Igas ?

    Je suis affligée par ce qu’il s’est passé là-bas. Arriver à faire à ce point n’importe quoi relève, effectivement, du génie. Avec les moyens qu’ils ont, c’est un grand gâchis. Et quel exemple cela donne-t-il aux jeunes, alors que le métier de médecin, de chercheurs, est fabuleux ?

    Mais je crois vraiment que M. Fournier essaye de s’émanciper du legs du Pr. Raoult. Ça ne doit pas être facile, car ça fait tellement longtemps qu’ils ont un fonctionnement complètement aberrant et qu’ils ont perdu pied. Il fait face aux écuries d’Augias. Et les adeptes du Pr. Raoult sont toujours là. Mais il y a aussi là-bas des gens bien qui veulent changer les choses.

    M. Chabrière a également porté plainte contre vous. Que vous reproche-t-il ?

    J’ai reçu une citation directe pour harcèlement la veille du verdict. Il est représenté par l’avocat de l’association Bon Sens [un collectif antivax et complotiste fondé par la fine fleur du complotisme français, dont Xavier Azalbert, le directeur du blog France-Soir, le Pr. Christian Perronne ou encore Silvano Trotta, partisan de la théorie selon laquelle la Lune est creuse et artificielle, NDLR]. Il me réclame 20 000 euros de dommages et intérêts. Il s’agit, évidemment, d’intimidation.
    Sun 21 May 2023 07:46:03 PM CEST - permalink -
    - https://www.lexpress.fr/sciences-sante/sante/magali-carcopino-tusoli-mon-pere-didier-raoult-se-revait-prix-nobel-il-est-devenu-le-leader-des-YCJVY7ZDHREEFCK3CFDBVVKX6Q/
    COVID-19 Escroquerie FakeMed
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    Fri 12 May 2023 11:15:44 AM CEST - permalink -
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    COVID-19 Vaccin
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    Coût de la dose de vaccin: debunkage!!! @complementdenquete - YouTube
    Sun 07 May 2023 11:36:15 AM CEST - permalink -
    - https://www.youtube.com/watch?v=8u8Bjr6OU-Y
    COVID-19 Pfizer
  • Dr Damien BARRAUD sur Twitter : "Ce que soulève Mathias est un réel problème... Mais j'en vois d'autres plus inquiétants. Et à très court terme. Les 'suspendus" sont dangereux. Pas tant à cause du COVID. Le vaccin baisse la transmission de manière non optimale, difficile à quantifier d'ailleurs. Mais il la" / Twitter
    Damien Barraud de l’hôpital Mercy :
    La réintégration des non-vaccinés est un vrai scandale
    Fri 05 May 2023 05:45:35 AM CEST - permalink -
    - https://twitter.com/fluidloading/status/1654138763541454848
    COVID-19 Hôpital Mercy
  • Journal d’épidémie : le Covid a disparu des mémoires, circulez il n’y a rien à voir – Libération
    Sun 30 Apr 2023 03:31:21 PM CEST - permalink -
    - https://www.liberation.fr/societe/sante/journal-depidemie-le-covid-a-disparu-des-memoires-circulez-il-ny-a-rien-a-voir-20230430_6X4YSECEBRA2LM4HZ6TPWF2X4A/
    COVID-19
  • Palmarès des médecins experts : Didier Raoult, la chute
    Thu 27 Apr 2023 09:44:16 AM CEST - permalink -
    - https://www.lepoint.fr/sante/palmares-des-medecins-experts-didier-raoult-la-chute-27-04-2023-2517992_40.php
    COVID-19 FakeMed
  • Marie Bayle-Normand sur Twitter : "Mesdames et Messieurs, l'INSERM ! Merci. (En résumé, la dette immunitaire (Copyright R. Cohen) c'est NON.) https://t.co/yiNf5stLy4" / Twitter
    (En résumé, la dette immunitaire (Copyright R. Cohen) c'est NON.)
    Thu 27 Apr 2023 07:51:41 AM CEST - permalink -
    - https://twitter.com/MarieBayle77/status/1651320132289871874
    COVID-19
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